jeudi 16 octobre 2008

Ses lèvres sont gercées


Toi qui l'a fait espéré, toi qui l'a laissé t'aimer. Tu l'abandonnes, pour aller jouer l'aventurier en terre inconnue. Tu pensais que rien ne te retenais, mais elle était là, elle. Criant ton aide, t'implorant de rester, tu marchais, la tête haute, bien que versant quelques larmes. Oui, il était trop tard, tu avais ton billet, et ton cœur arraché. Pour recoller l'un, il fallait juste déchirer l'autre. Mais tu l'as laissé comme ça. Hurlant ton nom, de désespoir, à force de crier, sa voix était éraillée. Elle ne savait plus comment te dire qu'elle t'aimait. Elle t'as toujours attendu, toi, son héros. Tu disais l'aimer aussi, elle t'écoutait. Sa naïveté était pourtant enfouie en elle, tu as su la faire ressurgir. Comment as tu osé? Tu as craché sur son amour, et sur le tien par la même occasion. Aveuglé par ton égoïsme, tu n'as pas su te retourner et les voir, tous derrière toi, te retenant, ne voulant pas te laisser les oublier, ne voulant pas te laisser tout gâcher. Leur amour, tu t'en fichais. Tu avais le tien, ton propre amour. Elle t'en veut, et ne te pardonnera pas. Je ne te comprend pourtant pas. Tu es si bon comédien. Je préfèrerais croire que tu en es un, plutôt qu'un bourreau de ces cœur. De son cœur. Elle te l'a dit. Adieu. Tu l'as laissé parler. Tu l'as détruite. Mais ça, tu ne le vois pas. Tu n'as jamais vu son amour. Elle te le répètera ce "Adieu", jusqu'à ce que tu la rassures. Elle attendra, je sais. Quel monstre es-tu?

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